Depuis sa création, la maison Croustiller a la gourmande ambition de révolutionner la frite et de redonner à ce met sa grande place au sein de la cuisine française.  Pourtant, une terrible question s’est posée dès nos débuts ! De quelle nationalité est la pomme frite ? Se pourrait-il qu’elle ne soit pas française ?

Afin d’éclaircir nos papilles, nous avons mené une rigoureuse enquête (assaisonnée d’une pincée de chauvinisme il nous faut l’avouer)

Notre investigation commence au 18ème siècle sur les bords de la Meuse en Belgique. Un historien belge raconte que lors d’un hiver glacial, la rivière s’est transformée en banquise condamnant la pêche journalière. En remplacement, les habitants auraient taillé des tranches de pommes de terre en forme de petits poissons et les auraient passées à la friture. Est-ce une légende ? Probablement ! Selon un autre historien belge, il est improbable que les habitants de cette région aient pu accéder aux quantités d’huile nécessaires à la friture. Ouf. La légitimité belge est déjà remise en question !

Revenons donc aux choses sérieuses. Les frites seraient nées pendant la révolution française en 1789 sous le Pont-Neuf à Paris. Les marchands ambulants décidèrent un jour d’étoffer leur menu. Ainsi, à côté des marrons chauds apparurent des tranches de pommes de terre rissolées. Elles connurent un tel succès qu’elles eurent le privilège de devenir l’accompagnement exigé du célèbre « Tournedos Henri IV », plat créé en 1830 en l’honneur du roi français. Coïncidence ou signe du destin, c’est Henri IV lui-même qui fit achever en 1607 la construction du Pont Neuf !

« Les pommes de terre frites sont une des plus spirituelles créations du génie parisien. »

Curnonsky (critique gastronomique)

Le génie parisien, les pommes Pont-Neuf, voilà qui nous rassure. Nous continuons néanmoins notre enquête aux ténus indices. Et malheur ! Nous tombons sur Monsieur Fritz, le « roi des pommes de terre frites ». Une blague belge ? Hélas non. Ce monsieur allemand se choisit le nom tout indiqué de Monsieur Fritz et dès 1830, c’est bien lui qui popularise la frite dans toutes les bonnes kermesses belges. Il trempe des pommes de terre dans de l’huile bouillante et casse la baraque avec ses « omnibus » à dix centimes et ses « vigilantes » à cinq centimes !

Monsieur et Madame Fritz - Le Globe illustré 17/11/1889

Un peu échaudés par notre rencontre avec Monsieur Fritz, il nous reste le devoir de renverser les propagandes russes et américaines, car eux aussi revendiquent l’origine de ce succulent met.

En Belgique, le paquet de frites prit rapidement le nom de « russe ». C’est le fameux Monsieur Fritz, grand publicitaire avant l’heure, qui profita de l'immense vague médiatique suscitée par la guerre de Crimée, péninsule située à l’extrême ouest de la Russie, pour rebaptiser ses paquets de frites. Il réussit si bien que 50 ans plus tard, tout le monde se promenait un « russe » à la main, sans savoir pourquoi il croquait des sujets du tsar.

Nous pouvons donc conclure que les Russes n’ont absolument rien inventé sur le plan de la frite !

Allons donc enquêter à l’Ouest. Là-bas, grâce aux géants américains McCain et McDonald’s, les frites sont devenues une des incarnations du prometteur American Way Of Life et elles furent (judicieusement) baptisées les French Fries !

A ce stade de notre investigation, nous concluons que le monde entier se dispute et se partage les origines de cette délicieuse création et qu’il est difficile de statuer.

En 2015, le fondateur de la maison Croustiller a décidé de se lancer lui aussi dans cette grande épopée, quittant un emploi dans la distribution alimentaire pour se consacrer à ce projet fou : marquer l’histoire de la frite. Il aura fallu une année de recherches et d’expérimentations diverses pour que naissent enfin dans son atelier lyonnais les Pommes Frites Croustiller.